{"id":5392,"date":"2014-06-30T14:45:44","date_gmt":"2014-06-30T14:45:44","guid":{"rendered":"https:\/\/mycor.iam.inrae.fr\/ARBRE\/?page_id=5392"},"modified":"2014-07-03T08:25:39","modified_gmt":"2014-07-03T08:25:39","slug":"arbre-interview-henri-cuny","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/mycor.iam.inrae.fr\/ARBRE\/?page_id=5392","title":{"rendered":"ARBRE Interview &#8211; Henri Cuny"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/mycor.iam.inrae.fr\/ARBRE\/wp-content\/uploads\/2014\/06\/photo-Henri-Cuny-June-2014.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-5393\" title=\"photo Henri Cuny June 2014\" src=\"https:\/\/mycor.iam.inrae.fr\/ARBRE\/wp-content\/uploads\/2014\/06\/photo-Henri-Cuny-June-2014-265x300.png\" alt=\"\" width=\"265\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/mycor.iam.inrae.fr\/ARBRE\/wp-content\/uploads\/2014\/06\/photo-Henri-Cuny-June-2014-265x300.png 265w, https:\/\/mycor.iam.inrae.fr\/ARBRE\/wp-content\/uploads\/2014\/06\/photo-Henri-Cuny-June-2014-531x600.png 531w, https:\/\/mycor.iam.inrae.fr\/ARBRE\/wp-content\/uploads\/2014\/06\/photo-Henri-Cuny-June-2014.png 561w\" sizes=\"auto, (max-width: 265px) 100vw, 265px\" \/><\/a><strong><br \/>\nHenri Cuny<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p><strong><\/strong> <em>Postdoctorant<\/em><\/p>\n<p><em>24 June 2014<\/em><\/p>\n<p>_________________________<\/p>\n<p>Henri Cuny est chercheur postdoctorant.\u00a0 Il travaille avec le Laboratoire d&rsquo;Etude des Ressources For\u00eats-Bois (LERFOB) \u00e0 l&rsquo;INRA. Il participe au projet WADE (Wood Acclimation to Disturbed Environments). Son projet de recherche s&rsquo;intitule \u00ab\u00a0Influence du climat sur la dynamique de formation du bois\u00a0\u00bb. Henri est l&rsquo;auteur de l&rsquo;article \u00ab Kinetics of tracheid development explain conifer tree-ring structure \u00bb publi\u00e9 en mai 2014 dans la revue <em>New Phytologist<\/em>.<\/p>\n<p>Henri a r\u00e9cemment pr\u00e9sent\u00e9 ses travaux et ceux de son \u00e9quipe lors de la Conf\u00e9rence TRACE 2014 (Cernes en arch\u00e9ologie, climatologie et en \u00e9cologie) \u00e0 Aviemore, en Ecosse, en mai dernier. Henri a re\u00e7u le prix de la meilleure pr\u00e9sentation orale pour sa conf\u00e9rence \u00ab\u00a0Model of tracheid development explains conifer tree-ring structure\u00a0\u00bb (Un mod\u00e8le de d\u00e9veloppement des trach\u00e9ides qui explique la structure du cerne des conif\u00e8res). Henri est b\u00e9n\u00e9fice d&rsquo;une bourse postdoctorale du LabEx ARBRE.<\/p>\n<p>Ci-dessous est l&rsquo;interview qu&rsquo;il nous a accord\u00e9e r\u00e9cemment.<\/p>\n<p>______________________________________________________________________<\/p>\n<p><strong>D&rsquo;ou venez vous?<\/strong><\/p>\n<p>Je suis originaire de G\u00e9rardmer, une petite ville touristique situ\u00e9e au c\u0153ur du massif Vosgien, \u00e0 une centaine de kilom\u00e8tres au sud-est de Nancy.<\/p>\n<p><strong>Pouvez-vous nous d\u00e9crire votre formation et ce qui vous a amen\u00e9 \u00e0 travailler avec le LERFOB \u00e0 l&rsquo;INRA ?<\/strong><\/p>\n<p>Je suis biologiste de formation et 100% local et universitaire, puisque j\u2019ai fait l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de ma formation \u00e0 l\u2019universit\u00e9 Henri Poincar\u00e9 de Nancy. J\u2019ai tout d\u2019abord suivi une licence en science de la vie puis le master \u00ab for\u00eat agronomie et g\u00e9nie de l\u2019environnement (FAGE)\u00bb. La premi\u00e8re ann\u00e9e de ce master comprenait un stage de 6 semaines. Je cherchais \u00e0 travailler dans le milieu de la for\u00eat et du bois, c\u2019est donc naturellement que je me suis orient\u00e9 vers l\u2019INRA et le LERFoB, qui est partenaire du master FAGE. Le travail que j\u2019ai alors r\u00e9alis\u00e9 m\u2019a tant plu que je n\u2019ai depuis plus quitt\u00e9 ce laboratoire. En effet, j\u2019y ai ensuite effectu\u00e9 un deuxi\u00e8me stage de 5 mois dans le cadre de ma deuxi\u00e8me ann\u00e9e de master, avant d\u2019y passer 3 ans et demi pour accomplir mon travail de th\u00e8se et finalement obtenir mon dipl\u00f4me de doctorat l\u2019an dernier. J\u2019y suis aujourd\u2019hui en post-doctorat depuis 9 mois et pour une dur\u00e9e totale de 1 an, financ\u00e9 par le LABEX ARBRE.<\/p>\n<p><strong>Parlez-nous de vos recherches &#8211; quelle est votre sp\u00e9cialit\u00e9 et pourquoi est-ce important ?<\/strong><\/p>\n<p>Mon activit\u00e9 de recherche concerne la formation du bois dans les arbres. Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, je suis un sp\u00e9cialiste de la dynamique de la formation du bois : quand, combien de temps et \u00e0 quelle vitesse les processus de production et de diff\u00e9renciation des cellules du bois prennent place durant la saison. Sous nos climats temp\u00e9r\u00e9s par exemple, la formation du bois se fait du printemps \u00e0 l\u2019automne, lorsque les conditions sont favorables, et s\u2019arr\u00eate pendant l\u2019hiver pour reprendre au printemps suivant. Cette activit\u00e9 cyclique se mat\u00e9rialise par l\u2019empilement des cernes annuels de croissance. Chaque cellule composant un cerne a \u00e9t\u00e9 produite et s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9e durant la saison active selon des dates, des dur\u00e9es et des vitesses qui lui sont propres. Par exemple, une cellule positionn\u00e9e au tout d\u00e9but du cerne a \u00e9t\u00e9 produite au printemps et a mis environ 1 mois pour se d\u00e9velopper, alors qu\u2019une cellule positionn\u00e9e \u00e0 la fin du cerne a \u00e9t\u00e9 produite au d\u00e9but de l\u2019automne et a mis 2 mois pour se d\u00e9velopper. La dynamique est un aspect cl\u00e9 de la formation du bois, car c\u2019est elle qui d\u00e9termine la quantit\u00e9 et la qualit\u00e9 du bois produit : nombre et forme des cellules, densit\u00e9 du bois. Et c\u2019est en agissant sur la dynamique que les facteurs de l\u2019environnement influencent la quantit\u00e9 et la qualit\u00e9 du bois produit. Bien connaitre la dynamique de la formation du bois est donc essentiel pour r\u00e9ussir \u00e0 comprendre l\u2019influence des facteurs de l\u2019environnement et en d\u00e9duire les impacts potentiels du changement climatique sur la production du bois dans nos for\u00eats.<\/p>\n<p><strong>Quand avez-vous commenc\u00e9 \u00e0 vous int\u00e9resser \u00e0 la for\u00eat, au bois et \u00e0 sa formation ?<\/strong><\/p>\n<p>Je suis depuis toujours int\u00e9ress\u00e9 par la Nature en g\u00e9n\u00e9ral, mais il est vrai que j\u2019ai rapidement \u00e9prouv\u00e9 une fascination particuli\u00e8re pour le milieu forestier. Cette fascination puise certainement son origine des belles for\u00eats Vosgiennes qui ont toujours fait partie de mon environnement et que j\u2019ai parcourues de long en large lors des innombrables randonn\u00e9es familiales de mon enfance. En outre, ma famille travaille depuis plusieurs g\u00e9n\u00e9rations dans le milieu de la for\u00eat et du bois. Mon p\u00e8re \u00e9tait scieur, alors que mon oncle \u00e9tait \u00e0 la t\u00eate d\u2019une entreprise de construction de chalets. Grandir dans ce contexte familial a \u00e9galement attis\u00e9 mon attrait pour la for\u00eat et le bois, m\u00eame s\u2019il est clair que je me suis ensuite bien plus passionn\u00e9 par les aspects biologiques et \u00e9cologiques que par le c\u00f4t\u00e9 industriel de la for\u00eat et du bois. Ce qui m\u2019int\u00e9resse, c\u2019est de comprendre le fonctionnement des arbres en relation avec leur environnement, et j\u2019aborde aujourd\u2019hui cette probl\u00e9matique \u00e0 travers l\u2019\u00e9tude de la formation du bois. J\u2019avais tr\u00e8s peu de connaissances sur la formation du bois jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019elle fasse l\u2019objet de mon stage en premi\u00e8re ann\u00e9e de master, il y a 6 ans. J\u2019ai tout de suite \u00e9t\u00e9 sid\u00e9r\u00e9 par l\u2019exceptionnelle complexit\u00e9 de ce processus que j\u2019ai continu\u00e9 \u00e0 \u00e9tudier jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p><strong>Pour vous, quels sont les enjeux de la recherche scientifique sur le bois et la for\u00eat ?<\/strong><\/p>\n<p>Il est crucial aujourd\u2019hui d\u2019\u00e9valuer l\u2019influence des changements climatiques en cours et \u00e0 venir sur les organismes, les populations et les \u00e9cosyst\u00e8mes. Au niveau des sciences foresti\u00e8res et du bois, comprendre l\u2019influence des changements climatiques est un enjeu majeur car la for\u00eat et le bois ont une importance consid\u00e9rable d\u2019un point de vue \u00e9cologique, \u00e9conomique et social. Au niveau de mon travail, le principal objectif est ainsi d\u2019arriver \u00e0 terme \u00e0 une compr\u00e9hension tr\u00e8s fine de l\u2019influence du climat sur la formation du bois dans les arbres.<\/p>\n<p><strong>Des conseils pour les jeunes chercheurs ?<\/strong><\/p>\n<p>Je suis moi-m\u00eame un tr\u00e8s jeune chercheur, puisque je ne suis titulaire du dipl\u00f4me de doctorat que depuis 1 an. Patience et pers\u00e9v\u00e9rance sont \u00e0 mon avis deux qualit\u00e9s essentielles \u00e0 un chercheur, car je sais combien le processus de publication peut \u00eatre difficile et que le d\u00e9couragement guette. Par exemple, nous venons de publier avec des coll\u00e8gues un article dans la revue New Phytologist. Cet article repr\u00e9sente un travail de longue haleine, puisque plus d\u2019une ann\u00e9e de travail a \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessaire \u00e0 l\u2019acquisition des donn\u00e9es, \u00e0 leur analyse et \u00e0 la r\u00e9daction de l\u2019article, tandis qu\u2019une autre ann\u00e9e s\u2019est \u00e9coul\u00e9e entre la date de premi\u00e8re soumission et la publication de l\u2019article, notamment en raison de refus de la part de certaines revues. Il est \u00e9vident que ces longues p\u00e9riodes d\u2019incertitude sont propices \u00e0 la naissance du doute. Je pense cependant que ce doute est fondamental et doit \u00eatre accueilli positivement, car c\u2019est lui qui nous pousse \u00e0 nous remettre en question et \u00e0 avancer dans le travail.<\/p>\n<p><strong>Votre travail est-il le fruit d\u2019une collaboration. Si oui, comment cette collaboration a-t-elle influenc\u00e9 votre travail ?<\/strong><\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, les collaborations entre scientifiques sont incontournables et n\u00e9cessaires. Nous sommes de plus en plus sp\u00e9cialis\u00e9s, il est donc essentiel de s\u2019associer \u00e0 des personnes de comp\u00e9tences diverses pour arriver \u00e0 comprendre les syst\u00e8mes \u00e9tudi\u00e9s dans leur globalit\u00e9. Impliquer des personnes ext\u00e9rieures permet en outre d\u2019avoir un regard nouveau sur son travail. Par exemple concernant l\u2019article paru r\u00e9cemment dans New Phytologist, j\u2019expliquais pr\u00e9c\u00e9demment que nous avions essuy\u00e9 des refus de la part de certaines revues. A la suite de ces refus, nous avons d\u00e9cid\u00e9 d\u2019associer au travail deux scientifiques du WSL en Suisse. Cette collaboration nous a consid\u00e9rablement aid\u00e9s \u00e0 cibler les points faibles du travail et donc \u00e0 l\u2019am\u00e9liorer, ce qui a conduit \u00e0 sa publication. Cette collaboration continue d\u2019ailleurs aujourd\u2019hui pour la r\u00e9alisation d\u2019autres travaux. Je collabore \u00e9galement avec une \u00e9quipe de recherche de l\u2019universit\u00e9 du Qu\u00e9bec \u00e0 Chicoutimi, \u00e0 qui j\u2019apporte mon savoir-faire en terme d\u2019analyse des donn\u00e9es de la dynamique de la formation du bois.<\/p>\n<p><strong>Enfin, quels sont vos projets scientifiques pour l&rsquo;avenir (\u00e0 court ou long terme) ?<\/strong><\/p>\n<p>Mon contrat actuel se termine dans 3 mois, fin septembre. Mon choix num\u00e9ro 1 est de poursuivre mon travail sur cette th\u00e9matique, mais je reste bien s\u00fbr ouvert \u00e0 d\u2019autres sujets, de pr\u00e9f\u00e9rence en liens avec la for\u00eat et le bois. Plusieurs laboratoires \u00e9trangers (en Suisse notamment) sont int\u00e9ress\u00e9s pour m\u2019accueillir, mais l\u2019obstacle majeur reste celui du financement. Je dois donc maintenant faire des demandes pour obtenir une bourse (par exemple une bourse Marie-Curie) qui me permettrait de mener \u00e0 bien mes projets.<\/p>\n<p>______________________________________<\/p>\n<p>Pour plus d&rsquo;informations ..<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mycor.iam.inrae.fr\/ARBRE\/?page_id=1536\">Henri Cuny &#8211; projet postdoctorant<\/a><br \/>\n<a href=\"http:\/\/onlinelibrary.wiley.com\/doi\/10.1111\/nph.12871\/abstract\">Article Abstract &#8211; Kinetics of tracheid development explain conifer tree-ring structure &#8211; <em>New Phytologist<\/em><\/a><br \/>\n<a href=\"https:\/\/mycor.iam.inrae.fr\/ARBRE\/wp-content\/uploads\/2014\/06\/Henri-Cuny-presentation-abstract-TRACE2014proceedings-abstracts.pdf\" class=\"mtli_attachment mtli_pdf\">Presentation abstract TRACE 2014 &#8211; Aviemore, Scotland<\/a><br \/>\n<a href=\"https:\/\/mycor.iam.inrae.fr\/ARBRE\/wp-content\/uploads\/2014\/06\/Henri-Cuny-poster_WorldDendro-Juin-2010-1.pdf\" class=\"mtli_attachment mtli_pdf\">Poster &#8211; Juin 2010<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Henri Cuny Postdoctorant 24 June 2014 _________________________ Henri Cuny est chercheur postdoctorant.\u00a0 Il travaille avec le Laboratoire d&rsquo;Etude des Ressources For\u00eats-Bois (LERFOB) \u00e0 l&rsquo;INRA. 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